Chroniques, Expos

“Quelque part dans le désert” Ron Amir

Exposition au musée d’art moderne de la ville de Paris.

Quand l’art se met au service de l’humain.

Une exposition bouleversante sur les réfugiés africains, tentant d’accéder à une vie meilleure en Israël. Il n’y a malheureusement pas foule, contrairement à la salle adjacente où les visiteurs se bousculent pour admirer les toiles de Zao Wou Ki (non moins spectaculaires). Mais cela dit quelque chose de notre capacité à dénier la détresse, à refuser de la voir étalée sous nos yeux et sur le seuil de nos maisons.

Point de visages sur ces photographies. Mais des objets, un désert rendu salon par-ci, cuisine par-là, par la création de ces hommes et femmes qui voient en des simples pierres une possibilité de délimiter une mosquée de fortune, ou en des boîtes de conserves de quoi faire des haltères pour une salle de sport sommaire. L’instinct de survie démultiplie la débrouillardise et la créativité.

Et quelques calligraphies, écrites avec peine pour garder une trace de leur passage. Car les hommes oublient, contrairement à la terre qui se souvient.

Point de misère. Il y a là quelque chose qui s’accroche à la vie, qui veut y croire. Un silence dans le désert qui crie au monde entier qu’ils sont là. Et qu’avant d’être réfugiés, il s’agit avant tout de femmes et d’hommes en quête d’une dignité qui leur a été arrachée.

Extrait de la présentation de l’exposition :

Né en 1973, Ron Amir est une figure singulière de la scène photographique israélienne.

« Quelque part dans le désert » est un ensemble de trente photographies réalisées entre 2014 et 2018 à Holot, un centre de rétention situé dans le désert de Néguev, au sud d’Israël. Ces migrants qui avaient fui leur pays pour échapper à la terreur et à l’oppression n’étaient pas autorisés à vivre ou travailler légalement en Israël. Malgré ces règles strictes, ils pouvaient sortir du camp à condition d’y revenir le soir.

Leave a Reply

Your email address will not be published.