Créations, Texte court

Conversation nocturne

J’aime les mots. Pour ce qu’ils disent et ce qu’ils ne disent pas. J’aime deviner un soupir dans une virgule. J’aime le son qu’ils font en claquant dans le vide, et le silence qu’ils imposent. Plus que tout, j’aime ce qu’ils disent de nous.

Dans ma bibliothèque vous trouverez une vieille édition de Léon l’Africain d’Amine Maalouf. Le roman qui a fait qu’il y a eu un avant et un après. Vous trouverez du Sagan, du Baudelaire, du Beigbeder, du Vargas, du Shakespeare qui se disputent les centimètres de bois avec les mille et une nuits, les Omar Khayyâm, les Khalil Gibran et les Naguib Mahfouz. Vous trouverez de l’ancien et du contemporain. Du classique et du loufoque. Du policier et du roman.

Si je veux paraître plus intelligente que je ne suis, j’ajouterais que vous trouverez du Homère et du Sénèque (au fond à gauche, ils commencent à prendre la poussière).

Il est trois heures du matin et j’écris ces lignes en conversant avec ma bibliothèque. Elle me murmure quelques souvenirs. « Rappelle-toi, me dit-elle, lorsque tu as pleuré en lisant « Des souris et des hommes », tu t’en souviens ? Ou lorsque tes mains ont tremblé en tournant les quelques pages d’« Inconnu à cette adresse ». Ou lorsque tu te disais, en lisant les premiers pages d’« En attendant Bojangles » que c’était un livre amusant avant de frémir d’effroi et d’émerveillement devant le talent de Bourdeaut. Rappelle-toi comment tu as fait amende honorable en lisant Beigbeder que tu pensais un mondain sans talent. Ou encore, lorsque ton cœur a battu le rythme de la prose de Baudelaire et ensuite des quatrains de Khayyâm. Ce jour-là tu as mesuré ta chance de pouvoir lire en deux langues. Malgré les drames, malgré l’Histoire. »

Voilà donc celle que je suis. Conversant avec mes livres, un soir pluvieux de mars.

On me dit arabe, on me dit française, on me dit berbère, on me dit parisienne, on me dit casablancaise.
La vérité est quelque part entre l’Orient et l’Occident. Ce que je sais en revanche, c’est que j’appartiens à la langue universelle des mots. L’aube se lève et Paris se réveille, je vous laisse donc aux miens, en toute sincérité et sans apparats.

Chroniques, Livres

“La Citadelle” Eric Metzger

Cher Eric,

Quelques mots sur ton dernier roman “La Citadelle”.

Tu bases sa trame sur l’idée judicieuse de convoquer Stendhal pour raconter l’inachevé, l’inaccompli, ces vies qu’on passe parfois sans oser, par orgueil, par crainte du rejet et de l’abandon. Et cette question comme un point d’orgue qui revient et revient toujours “Et si j’avais…?”. Tu fais évoluer le narrateur dans les pas de Julien Sorel, héros malheureux dans “Le Rouge et le Noir”. Une des forces de ton roman tient donc dans ce parallèle qui amène des questions justes et une perspective de lecture originale.

Je n’ai rien à redire sur l’écriture, douce, belle, poétique. On sent l’influence des grands maîtres et malgré tout ta plume reste très personnelle. Je n’ai rien à redire non plus sur la description des paysages, tu as su capter la grâce et la rudesse de la Corse, tu l’as rendue vivante sur tes pages.

Mais une question qui m’accompagne durant ma lecture : Quelle retenue t’a donc empêché d’aller plus loin encore dans la noirceur du narrateur, dans ses angoisses, dans ses ambivalences ? Quelle pudeur t’a retenu de pousser le parallèle stendhalien dans ses confins, de mettre autant de couleurs dans les interactions du narrateur avec lui-même que dans les montagnes et les cieux corses que tu décris ?

Chroniques, Livres

“Un roman français” – Frédéric Beigbeder

J’ai découvert l’écrivain sur le tard, j’avais, je l’avoue, quelques préjugés sur l’homme. Je présumais entre-autres un ennui qui a poussé le mondain à publier quelques lubies de sa vie pour se divertir. Je n’avais peut-être pas tout à fait tort, mais là où je fais amende honorable, c’est que le mondain a du talent.

Je me suis surprise à éprouver de la tendresse pour les errements de Beigbeder, pour ses amours inconstants, pour l’inconscience qui dicte à sa plume sa condition d’humain dans sa forme la plus crue. Malgré son patronyme. Ou alors grâce lui ? Dire que les fées se sont penchées sur son berceau serait un euphémisme. Né dans l’opulence de son rang, et la noblesse de son nom, il aurait pu jouir dans un cercle fermé de sa cuiller d’argent et batailler contre lui-même, son œdipe, ses ascendants et descendants dans le divan tiède et promis à la discrétion quasi-hippocratienne de sa psychanalyse. Mais non. Il fallait un frère. Un aîné. Celui qui réussit tout, celui qui hérite des traits, du sens des affaires, celui qui se fait décorer de la légion d’honneur le jour où son cadet sort de prison. Il fallait un divorce, il fallait un héritage lourd, des ancêtres glorieux, autant d’ombres accolées à celles de ses pas. Il fallait ça et une bonne dose de névrose pour choisir de divulguer ses soupirs, ses vices, ses addictions légendaires et diverses.

Je soupçonne un brin de voyeurisme qui pousse les lecteurs comme moi à s’inviter ainsi dans un monde hors de portée, un monde d’argent, de drogues, de célébrités, d’hôtels hors de prix et de réceptions mondaines, mais s’il n’y avait que cela, je me serais lassée. Ce qui rend son écriture percutante, et la lecture de ses frasques touchante, c’est de finalement constater que, derrière ce faste et apparats, l’homme est toujours là, pétri des mêmes névroses que le commun des mortels, dans la nudité fragile de ses écorchures qui sont, du reste, assez universelles.

Délit d’exhibitionnisme ? Peut-être. Avons-nous besoin de tout savoir ? Peut-être pas. Charge au lecteur de fantasmer sur ce qui est vrai ou non d’ailleurs. Ce qui est certain, c’est qu’il aurait été dommage de se priver d’une littérature contemporaine de qualité, d’un esprit certes torturé mais bien conscient de ses capacités et de ses limites. Et certainement plus au fait des choses de ce monde que le crédule au cœur d’artichaut qu’il dépeint à l’encre de son fusain mont-blanc.

Créations, Texte court

Les gares

Les gares.

Les chemins qui se croisent, les destins qui s’effleurent.

Les yeux chargés d’adieux ou de retrouvailles. De promesses de ceux qui nous quittent.

Les valises qu’on trimballe comme autant de souvenirs empaquetés. Les odeurs qu’on met en boîte, les photos qu’on cache sous les pulls. La solitude qu’on roule en boule au fond du sac.

Les lèvres qui se pincent ou les embrassades qu’on ne retient plus.
Les vies qu’on laisse et celles qu’on retrouve au bout du chemin.
Les épaules qui se bousculent, les pas qui se pressent à la rencontre de l’autre, d’un train ou d’un destin. Ceux qui se traînent, lourds de celui qu’on n’attend plus.

Les vestes dont on se déleste par un jour de printemps ou les capuches qu’on rabat les jours de chagrins.

Les mains qui se cherchent une dernière fois.

Les regards qui se cherchent une première fois.

Celle qu’on laisse derrière soi et celle qu’on devient.

Billets d'humeur

Le théâtre, cette élite ?

Cela fait quelque fois que j’assiste à des projections de pièces de théâtres au cinéma, filmées directement à la Comédie Française.

Grande idée pour une meilleure accessibilité à une audience plus large (les prix ne sont pas toujours donnés dans l’illustre théâtre et les places sont souvent prises d’assaut des mois à l’avance). Mais voilà, un constat qui devient certitude avec le temps : des cheveux blancs, des têtes blanches partout.

Et une question : pourquoi ? Pourquoi les jeunes, pourquoi la diversité, ne sont-il, n’est-elle, pas plus intéressés par le théâtre ? Ou alors pourquoi ne les intéresse-t- on pas davantage ? J’en conviens, trois heures, c’est long, à l’heure où tout va vite, où l’ennui est un ennemi à combattre, où ne pas consulter son smartphone plus de deux heures crée un syndrome de démangeaison de la main. Je ne blâme pas, c’est long, même pour moi. Est-ce cela ? Ou Molière, Racine et consorts sont-ils devenus ringards ?

Pourtant, en sortant du Misanthrope à l’instant, il n’y a rien qui me frappe autant que l’actualité du sujet, écrit en 1666, encore vrai en 2019. Ringard donc ? Vraiment ?

Dans cette pièce de Molière, Alceste est un jeune homme en colère contre le monde. Il se targue de principes qui ne souffrent aucune tolérance vis-à-vis de l’hypocrisie, quand bien même celle-ci servirait à des causes nobles. Sauf que ses principes de raison se heurtent à l’irraison de l’amour, et bien sûr, ses sentiments n’ont trouvé meilleure destination que la jeune fille la plus fourbe de son entourage. Mais il n’en démord pas et veut changer le monde à lui seul, son monde commençant par Célimène. De désillusion en trahison, nous suivons donc cette opposition et bien sûr, la vérité se trouve, comme toujours, entre les deux.
Des messages, des sujets souvent hautement d’actualité, dont nous aurions tort de nous priver.

Suis-je donc entrain de m’alcesteiser (oui je viens d’inventer le terme), à espérer que le théâtre des anciens et de mes contemporains touche un plus grand nombre ? À ne pas enfermer ce cinéma sur planches à des perruques et des corsets, à maintenir qu’il favorise l’esprit critique et les débats ? Que les vers du 17ème valent les scénarios du 21ème ? Et que surtout, surtout, le théâtre est à la portée de tous ?

J’enlève à présent ma perruque et vous laisse sur ces mots.

Chroniques, Livres

“La guerre des pauvres” Eric Vuillard

Les exaspérés sont ainsi, ils jaillissent un beau jour de la tête des peuples comme les fantômes sortent des murs

Eric Vuillard

Une écriture mordante. Une lecture politique. Un sujet qui fait écho à l’actualité, même cinq cents ans plus tard. Surtout cinq cents ans plus tard.

16ème siècle. Prémices de la Réforme et des guerres de religions qui sont sur le point d’opposer catholiques et protestants et qui vont ensanglanter l’Europe. Thomas Müntzer, prédicateur allemand, se soulève et attise la foule, à l’heure où la foule n’a plus rien. Et l’ennemi qui prend très vite la forme du Grand, du Prince, du Riche, de la Seigneurie et de l’Eglise auxquels il prône l’austérité, et auxquels il promet l’enfer.

Dans ce texte court, il n’y a pas de parti pris, encore moins de héros. Si le récit se développe à travers la vie de Müntzer, les faits sont racontés avec la distance qui leur est due, et le récit en tire ainsi une de ses forces majeures. Il n’y a ni juste, ni bon, ni méchant, la violence de Müntzer ne vaut pas plus que celle des puissants. Elles s’amalgament pour mettre en exergue la bêtise humaine dans son ensemble.

Bien sûr, il était à propos de sortir de manifeste en pleine crise des gilets jaunes, les pauvres qu’on oppose aux opulents, encore et toujours ce fossé, ce cratère, cette division. Moi je dirais, loin de ceux que j’entends crier à l’opportunisme, que bien au contraire, le choix du calendrier est judicieux. Car, en rappelant des faits qui reviennent en boucle un demi-millénaire plus tard, même sous une autre forme, Eric Vuillard nous dresse un tableau tristement ironique : Malgré tous nos progrès, technologiques et humains, nous en sommes encore là, férus des mêmes combats qu’au moyen-âge.

Alors certes, nous ne décapitons plus ceux qui s’élèvent par la voix ni ceux qui règnent par la force, nous ne crevons plus les yeux des élus déchus ou des traîtres, nous ne promettons plus le bûcher aux athées, mais au fond valons-nous mieux que nos aînés dans nos démocraties étouffées, dans nos semblants de civilités, dans nos parlements tout en dorures et en apparat ?

Ce sont ainsi toutes ces questions, non posées, non formulées, qui ne manqueront pas d’apparaître en filigrane dans votre lecture.

Donc un calendrier peut-être opportun, mais qui n’enlève rien à l’intelligence de ce texte et de son auteur.

Chroniques, Livres

Les porteurs d’eau – Atiq Rahimi

La plus belle dédicace du salon du livre 2019, signée Atiq Rahimi (qui, décidément, écrit bien dans tous les sens du terme !) pour son dernier roman « Les porteurs d’eau ».

Un très beau récit à la manière d’un conte sur la recherche de soi et de ses origines. Par la voix de deux héros, l’un parti, l’autre resté.

Un chapitre après l’autre, on découvre Yusuf, le porteur d’eau, celui qui est resté, dans ce Kaboul aux mains des talibans; la description des montagnes afghanes adoucit à peine la terreur qui s’abat sur l’hiver du jeune homme. Et Tamim, devenu Tom en Europe, celui qui est parti, et qui n’est pas dupe qu’un passé reste toujours un passé qu’on trimballe, quand bien même on cherche à le fuir dans les bras d’une nouvelle femme ou d’une nouvelle ville, quand bien même on cherche à le diluer en s’abandonnant aux peintures de Rembrandt ou aux effluves passagers des nuits amstellodamoises.

Premier roman du Goncourt 2008 écrit directement en français, il invite au voyage, d’abord dans les hivers afghans, mais surtout, surtout à l’intérieur de soi.

Mention spéciale à la deuxième partie du livre que j’ai trouvée grandiose.

Rencontre avec Atiq Rahimi au salon du livre de Paris – Mars 2019
Chroniques, Livres

“Je t’ai oubliée en chemin”

De Pierre-Louis Basse

J’ai lu des chroniques qui ont eu peu de sympathie envers ce roman. Moi j’ai été touchée par ce texte. Un cri, un cheminement de 125 pages, au rythme d’une marche dans la forêt de Bernay, en Normandie française. Marcher pour reprendre vie, contre le désespoir, contre la chute et le chagrin.

Oui c’est décousu, comme tout chagrin qui vous plonge dans un état où le raisonnement du commun des mortels ne fait plus loi; ne vous restent que les souvenirs, comme une déchirure à oublier; les paysages, les choses aimées avec l’être aimé, toutes ces beautés qui font violence et qu’il est urgent et vital d’oublier.

Oui c’est cru, parfois. Mais j’entends ces passages comme une colère, un besoin illusoirement salutaire de faire mal à celle qui part. Une théorie comme une autre.

« Je t’ai oubliée en chemin » est un combat pour et contre l’oubli. Cet état bancal et si commun de tous ceux qui ont aimé et qui ont perdu.

Marcher et écrire pour ne pas sombrer. Un chemin de croix que j’ai emprunté, lectrice silencieuse, aux côtés de Pierre-Louis Basse, avec l’humilité et la gratitude de celle à qui on laisse voir une fragilité.

Chroniques, Expos

Voyage Virtuel dans les cités millénaires – Exposition à l’IMA


Alep est pour celui qui y arrive un jardin d’éden, et pour ceux qui s’en éloignent un feu ardent


Abu L-‘Alâ al-Ma’arri, X-Xième siècle

Alep, Palmyre, Mossoul.

D’abord se déploie la carte, immense, taille humaine, pour situer ces villes dont nous entendons tant parler, en Syrie, en Irak, en Libye, tristement rendues célèbres par les guerres géopolitiques et l’avènement de l’obscurantisme qui en découle. Les situer sur la face du monde et se rendre compte que ce n’est pas si loin. A Paris, il me suffit de tendre le bras et me voici en Orient.

Et soudain le silence. Un silence pieux malgré la foule, un silence lourd de cris étouffés, de ruines éventrées, échos plaintifs de villes millénaires à l’agonie par la folie meurtrière des hommes ; tentant de reprendre vie, pièces d’un puzzle rabiboché, bancal, virtuel, et pourtant là, par le génie de ces mêmes hommes.

Défilent les images reconstituées d’une gloire passée, la mosquée Al Nouri à Mossoul, le palais assyrien de Ninive (vieux de 2600 ans), ou le théâtre romain de Leptis Megna en Libye. Et comme un poignard dans le cœur, s’y superposent ensuite les débris de ce qui, une seconde avant, s’élevait avec fierté.

Une seconde. A l’échelle du temps, c’est ce qu’il a fallu à l’homme du XXI ème siècle pour détruire deux mille ans d’histoire, et avec elle, des cités qui ont survécu aux Romains, aux abbassides, et aux Ottomans.

Et sortir de là, le cœur tout aussi lourd du poids de l’histoire oubliée, celle d’hier, et celle qui se joue aujourd’hui, à nos portes.

Visite virtuelle de la mosquée Al Nouri

Note IMA : ” A présent, faites quelques pas et… envolez-vous ! Car c’est à un impressionnant survol que vous convient ces « Cités millénaires », grâce à la projection à très grande échelle d’images inédites captées par des drones et reconstituées en 3D par la société Iconem, avec laquelle l’IMA s’est associée pour cette exposition réalisée en partenariat avec l’Unesco.”

Chroniques, Livres

Né d’aucune femme – Franck Bouysse

Il y a des lectures dont on ne sort pas indemne. « Né d’aucune femme » est de celles-là. On se demande tout au long si l’horreur va cesser, on appelle de tous ses vœux une accalmie dans ces destins tragiques, qu’on puisse reprendre un tant soit peu de souffle.

Pour la première fois, je ne saurai dire avec précision si j’ai aimé. Je pense d’ailleurs qu’il ne s’agit pas d’aimer ou non, ce que provoque ce récit va bien au-delà de cela. Ce que je sais en revanche, c’est que je n’ai pas pu décrocher de cette lecture. J’ai été piquée, droguée dès la première page, par ce destin qui n’en finissait pas de souffrir, ce mal qui ne finissait pas de grandir, allant jusqu’à s’exorciser des pages pour aller trouver écho dans les tripes du lecteur. Longtemps j’ai été poursuivie par l’ombre de l’héroïne, ses souffrances, son enfance volée, ses amours contrariées. Ma raison me sommait pourtant de me distancier du récit, arguant dans un coin rationnel que tant de tragédies s’abattant sur une seule personne ne favorisait que le sensationnel et que béatement je m’y engouffrais. Une défense pour ne pas vouloir croire que tant de silence peut s’abattre sur une seule et unique personne ? sur une famille ? sur un microcosme ? Je n’en sais rien. Mais si le succès d’un livre, en dépit de toute logique, et au-delà de toute raison, se mesure au frisson qu’il fait bouger dans nos entrailles, et à ce qu’il laisse comme creux dans notre ventre, alors ce roman est définitivement une réussite.

Photo : Rencontre avec l’auteur Franck Bouysse organisée par la librairie Ici Grands Boulevards. Un auteur qui, je le cite “veut faire parler le silence”, et qui “jette du sable dans l’étang”, car, dit-il, il finira bien un jour par avoir pied.
Un ravissement à lire, un ravissement à écouter.