Chroniques, Livres

De Grandes Espérances – Charles Dickens

Les classiques ont cela de bon qu’ils nous font voyager. Pas uniquement dans une époque ou pays lointains, mais aussi à travers ce style bien particulier qui utilise des temps d’une conjugaison qui moisit dans nos bescherelles d’adolescents.

Charles Dickens est connu pour écrire sur les enfants, en leur nom et à travers eux. Surtout ceux qui viennent de milieux populaires.
De grandes espérances ne déroge pas à la règle. Le petit Pip (Philip Pirrip) est orphelin, et élevé d’une main de fer par sa sœur. Il a pour ami cher Joe, le mari de celle-ci, et il sauve dans la naïveté et les peurs obscures de son enfance un forçat évadé.
Il est appelé un jour par Mme Havisham, l’excentrique et richissime vieille dame qui vit dans les ruines de son château et de son cœur brisé par un fiancé déserteur.

Dans ce château où le temps s’est figé, Pip fait la connaissance d’Estelle, enfant comme lui, élevée par Mme Havisham pour briser le cœur des hommes. Il en tombe instantanément amoureux, et fera tout pour s’élever à la hauteur de son rang, avec l’arrivée à point nommé de ce qu’il appellera « ses grandes espérances », une fortune qui lui tombe du ciel et qu’il attribuera à la bonté de Mme Havisham.

Voguant entre Londres de l’époque victorienne et les marais de son enfance, sa culpabilité et besoin de tourner le dos au monde qui l’a vu grandir et aux personnes qui lui sont chères, le jeune Pip grandit, découvre les déceptions et les fêlures, les amitiés et la bienveillance, en un mot découvre la vie, sous une plume mordante d’humour et d’intelligence.

Ce roman raconte en fin de compte l’émancipation de tout enfant en nous, les aspirations qui peuvent nous animer, les espérances qui peuvent nous détruire, et l’amour (filial, amical, passionnel) qui cimente ces fragiles constructions.

Note annexe : Si vous pensez appréhender le livre à travers l’écran, sachez que le film du même nom avec Gwyneth Paltrow et Ethan Hawkes, bien que plutôt réussi dans son genre, ne reflète pas l’entièreté et la complexité du roman.

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