Rencontres Littéraires

Prix des lecteurs du Var – Rencontre

Dans le cadre du prix des lecteurs et de la fête du livre du Var, j’aurai la joie d’échanger avec Marie Charrel autour de son très beau roman « Les danseurs de l’aube ».

Dans ce roman à 4 voix, à deux temporalités, l’histoire poignante de Sylvin Rubinstein, danseur de flamenco et résistant, et comment son héritage fait écho à deux jeunes qui se cherchent, une génération plus tard.

Nous serons dans la médiathèque de Carqueiranne le 15 octobre à 17h, et dans la bibliothèque du Beausset le 16 Octobre à 10h.

Si vous êtes dans les parages, on vous espère au rendez-vous !

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Médiathèque Départementale du Var (MDV)

Fête du livre du Var

Rencontres Littéraires

Rencontre littéraire Nathalie Peyrebonne

Nous avons parlé de Costa Rica, d’arrachement à la terre, de peinture, d’enfance, d’Inconstance des souvenirs tropicaux. Entourées de vignes, entourées de l’histoire des arènes de Lutèce.

Une écriture poétique à retrouver aux éditions La Manufacture des Livres.

Merci à Nathalie Peyrebonne pour son sourire et l’intensité de notre échange, merci à Delphine Chaume et Franck-Olivier Laferrère pour leur invitation à animer cette rencontre, et ce beau projet de festival littéraire « Des livres et des Vignes ».

Chroniques, Livres

L’autre art contemporain – Benjamin Olivennes

Intriguée par cet essai dont j’ai assisté fortuitement à la présentation par son auteur chez @alicecapferret. Auteur à l’élocution captivante, Benjamin Olivennes dénonce l’art contemporain régi par l’investissement financier en premier lieu, tacle sans concession les institutions qui s’en font les premiers promoteurs et se fait un devoir de mettre en lumière « l’autre art contemporain », artistes qu’il juge sacrifiés sur l’autel de l’argent et des magmas financiers.

Sujet tabou, sujet délicat tant l’art est subjectif. Et forcément se pose par ricochet, mais dans des proportions moindres, la question de la littérature contemporaine.

Extrait page 12 : « Ces trésors du passé furent d’abord réalisés pour adorer un Dieu, ou pour servir un prince. Plus tard, ils furent collectionnés par d’autres princes, ou des bourgeois, mais pour le plaisir. Ils n’étaient pas vus comme un investissement, ils n’étaient pas exposés pour « valoriser la collection » ou pour « développer la marque », ils n’étaient pas revendus cinq ans après leur achat pour réaliser une plue value. Ils étaient gardés jalousement chez soi, pour la délectation personnelle, montrés à un petit cercle d’amis sûrs, plus tard donnés au Louvre ou au Metropolitan pour le bénéfice de la patrie. Ils n’étaient pas aimés parce qu’ils étaient chers, ils étaient chers parce qu’ils étaient aimés. »

Créations, Texte court

Un coeur, deux pays

Je porte mes identités en moi comme les nations portent leur histoire. Elles sont ma croix, elles sont ma folie. Elles sont ma plus grande bénédiction. Elles sont mes chaînes et mes libertés.

Mes mains écrivent le français et l’arabe. Je te parlerai la langue chantante de Molière ou gutturale de la Mecque.

Je te parlerai en dialecte si tu le souhaites, mais on ne m’a pas appris à parler amazigh, pourtant berceau du pays où je suis née. J’ai côtoyé les grands et les plus pauvres, je sais manger à la main ou avec des couverts d’argent. Tu pourras me voir vêtue d’une robe ou d’un caftan. Je me voilerai la tête en entrant dans une mosquée, et la courberai dans une église. J’ai appris à disserter en français et en arabe, dans une même phrase, je peux mélanger les deux, tu t’en étonnes souvent.

On m’a appris qu’un jour, je devrais partir, depuis, je ne sais plus rester. Depuis, mes pas chancellent en Europe et mon cœur bat des deux côtés de la Méditerranée.

Dans mes gênes coule le soleil, le sable du désert et les gloires amazigh, mais le vent et les montagnes y ont aussi fait leur place. Je porte en moi l’histoire des sultans, des rois, des tribus, mais je me nourris aussi de celle de la renaissance et de la révolution.

Alors de grâce, ne me demande pas de choisir. Un cœur qui choisit est un cœur qui se brise.

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Normal People – Série

Rares sont les séries qui sont retranscrites avec autant de délicatesse du papier à l’écran.

12 épisodes en format court, 360 minutes d’immersion dans les combats intérieurs de Marianne et Connell, dans leur attachement qui se heurte à tous ces obstacles ordinaires : la société, le qu’en dira-t-on, la solitude, même quand on est deux (surtout quand on est deux), le rang social, la dépression.

Entre Dublin et l’ouest irlandais, on suit cette passion à la fois tranquille et fusionnelle, de celles dont on sait qu’elle nous ramènera à l’autre, inévitablement, dans cette dimension ou dans une autre.
Une bande-son intimiste à l’image de la réalisation, si bien que parfois, même la caméra semble s’excuser de déranger ces deux-là.

Bref, une merveille.

« Normal people », adaptation du roman du même nom de Sally Rooney.

Crédit Photo : BBC3

Rencontres Littéraires

Rencontre Littéraire Jean-Baptiste Andrea

Un grand merci à Jean-Baptiste Andrea pour sa confiance. La rencontre nous a menés loin, dans les confins des Pyrénées, mais pas seulement. Écoutez-le en fin de rencontre parler de la recherche de l’accord parfait, de la fusion de l’homme dans l’univers. C’est précisément pour ce genre de moment que la littérature peut frôler l’indicible grâce.

Replay à retrouver ici :

 

Chroniques, Livres

Crime et Châtiment

Depuis longtemps l’envie de m’attaquer à ce monument de la littérature russe. Et le plaisir de retrouver cette édition de 1973 dans notre bibliothèque.

Chroniques, Livres

Normal People – Sally Rooney

Normal people fait partie de ces livres dont on ne sait objectivement pas pourquoi on aime. L’écriture est simple, l’histoire est simple, et on est pourtant aimantés jusqu’à la fin.

Une histoire d’adolescents puis de jeunes adultes dans une petite ville de l’ouest irlandais, qui se cherchent, se ratent, se manquent, bataillent avec leurs angoisses et leurs désirs.

On cherche de quoi alimenter cette chronique, une analyse, des arguments, puis on se dit que parfois qu’il vaut mieux cesser de lutter, cesser de chercher des raisons objectives à quelque chose qui nous dépasse, et laisser la magie du cœur opérer.

Normal People, de Sally Rooney. Magnifiquement transposé en série sous le même titre.

Chroniques, Livres

Histoires de la nuit – Laurent Mauvignier

Ce n’est pas tant pour l’histoire que vous lirez ce livre. Mais pour le style. Il vous faudra prendre votre temps. De toutes façons vous n’aurez pas le choix, c’est le roman qui mènera la cadence, ce seront les phrases qui vous diront où vous arrêter, où vous attarder, où reprendre votre lecture.Vous n’y serez pour rien, vous dévalerez les pages comme une route dont vous ne savez où elle vous mènera. Laurent Mauvignier dissèque avec une minutie rare les pensées de chaque personnage, il nous emmène là où on ne voudrait pas aller parfois, avec une fluidité à vous arrêter parfois en vous demandant comment vous êtes passé d’un personnage à l’autre sans y prendre garde.

Il est question d’un hameau, un de ces bourgs oubliés de France où le temps n’a plus d’emprise, il est question d’une parisienne sexagénaire et excentrique qui s’y installe pour peindre, de ses voisins de la ferme, un couple au mari torturé par l’amour qu’il porte à son épouse, et à la femme au passé obscur, il est question d’un chien, d’une petite fille, il est question de cheveux orange, de lettres anonymes, de boue, de départementales, de pluie, il est question de trois frères inquiétants, trois inconnus mais pas tant que ça, qui viennent déranger cette harmonie bancale.

Et au milieu, si vous y êtes sensible, un sublime passage qui tente de décrypter le magnétisme entre l’homme et la peinture, le mystère irrésolu de cette rencontre qui peut s’installer entre le vivant et la matière, ne sachant cependant pas, entre l’homme et la matière, lequel est vraiment homme et lequel est matière. Peut-être que ça n’a pas d’importance au final, et que les deux se désintègrent puis fusionnent dans un amas d’étincelles et de feu, pour créer ce qu’on appelle communément « l’art ». Un roman dont on dira sans aucun doute qu’il fut un classique de notre siècle.