Chroniques, Livres

Fahreinet 451 – Ray Bradbury

Le café du classique, c’est comme un café tout court, quand tu y prends goût, tu as du mal à t’en passer.

Cette fois, nous sommes 45 à nous attaquer au livre de Ray Bradbury, au titre imprononçable pour nous autres latins, Fahreinet 451. C’est la température à laquelle on dit que les livres brûlent. En 1953, R. Bradbury imagine un monde, où, pour unifier la pensée, taire les rebellions, les livres sont brûlés, ironie du sort, par les pompiers. Les murs écrans remplacent les interactions, les portes annoncent les visiteurs, les vérandas et plus généralement tous les espaces où l’individu peut se laisser aller à penser, à discuter, sont supprimés. Tout n’est que technologie, tout n’est que vide.

Un malaise confus m’a accompagnée durant toute la lecture, ce n’est que vers la fin que la fulgurance m’est tombée dessus : je ne suis pas effrayée. Et je suis effrayée de ne pas être effrayée.

Alors certes, en 1953, R. Bradbury a imaginé un monde à l’extrême. Mais à se demander s’il est si loin du nôtre. La pensée unique, les écrans, la culture non essentielle… des petites choses comme ça auxquelles on s’habitue dangereusement au point de ne plus les voir, même dans une lecture de dystopie.

Alors je ne sais pas pour vous, mais même à Fahrenheit 451, moi ça me fait furieusement froid dans le dos.

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